Siem Reap et les temples d’Angkor

Siem Reap et les temples d’Angkor

Après une nuit de bus, nous arrivons à Battambang. Nous sommes venues ici pour la suite de notre reportage sur les actions de l’ONG 1001 fontaines. Nous séjournons à la Tomato Guesthouse, pour un prix qui défie toute concurrence ! Sur le toit, qui fait office de restaurant, nous avons la chance d’observer une parhélie de manière très nette. Il s’agit d’un effet d’optique de la lumière du soleil. Cela créé un cercle où l’on peut voir plusieurs autres soleils se refléter, le tout avec les couleurs de l’arc-en-ciel.

Le lendemain, nous rencontrons Chay Lo, l’un des co-fondateurs de l’ONG. Son parcours est incroyable et nous inspire un profond respect. Il faudra patienter un peu pour en savoir plus. L’interview dure une bonne heure puis nous convenons d’un rendez-vous le jour suivant, afin de nous rendre sur le terrain.

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Battambang est une ville très tranquille, avec une architecture coloniale assez bien conservée. Sa principale attraction est le « bamboo train », que nous ne ferons finalement pas. Nous rencontrons un couple de français super sympas. Nous sympathisons avec eux et nous échangeons les bons plans sur le Cambodge. Deux jours plus tard, nous prenons un bus, direction Siem Reap et les temples d’Angkor : notre dernière étape au Cambodge !

Nous arrivons à Siem Reap après cinq heures de bus. Un trajet sans encombre, avec air (trop) conditionné et musique à fond. Nous prenons un tuktuk afin de nous rendre dans la guesthouse conseillée par le couple de français croisé à Battambang, la Garden village Guesthouse. L’avantage de l’endroit : la piscine bien sûr ! Vu la chaleur, de plus en plus écrasante, aller faire un petit saut dans l’eau de temps en temps est salutaire, et c’est peu dire ! Le reste de la journée, nous le passons à établir le programme de nos cinq derniers jours dans le pays, faire un petit tour au marché et nous testons aussi la fishpedicure !

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Le lendemain matin, après un café et un saut dans la piscine, nous nous rendons aux ateliers des Artisans d’Angkor. C’est une association où des jeunes défavorisés sont formés à un métier artisanal (tissage, peinture, sculpture, taille de la pierre…). 1300 personnes y sont embauchées, et elles bénéficient  d’un revenu minimum ainsi que d’une assistance sociale et médicale. Nous déambulons d’atelier en atelier et observons les artisans en plein travail. Leur minutie est vraiment impressionnante. Certains œuvrent même à la restauration des temples d’Angkor ! Nous finissons notre petite visite par le magasin où tous les produits nous font de l’œil, mais restent définitivement trop chers pour notre portefeuille !

L’après-midi, les mêmes ateliers proposent une visite gratuite dans une soierie, à une quinzaine de kilomètres de Siem Reap. Nous découvrons alors le processus méticuleux du travail de la soie : de la culture du mûrier pour l’élevage des vers à soie (ils ne mangent que les feuilles de cet arbre!), à la technique complexe de teinture des fils avant le tissage, jusqu’à la réalisation d’étoffes sur des métiers à tisser traditionnels. Nous apprécions beaucoup cette visite et restons admiratives de la dextérité des tisseuses. À 16h, nous sommes de retour en ville. Nous traversons la très connue « Pub Street », où se trouvent un nombre incalculable de bars et où le prix de la bière est exorbitant (alors que deux rues plus loin, le pastis coûte à peine 1 dollar… y’a pas photo) ! Après un bon repas, nous passons le reste de la soirée dans la piscine, bien au frais.

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Le jour suivant, rebelote. Après l’étape du café, nous faisons trempette un petit moment. Après quoi nous quittons l’hôtel et nous mettons à la recherche d’un scooter. Malheureusement, les prix sont exagérément élevés (près de quinze dollars la journée) ! Hors de question pour nous, car il faut rajouter à cela l’essence et le risque de se faire renverser par un fou du volant… Du coup, nous optons pour l’option tutuk. Nous payons aussi quinze dollars, mais nous nous laissons guider sans nous occuper de rien.

Nous nous rendons au musée des mines terrestres. Ce dernier a été fondé par un cambodgien il y a une dizaine d’années. Il a vécu le génocide des Khmers rouges, a survécu et s’est lancé dans le déminage de son pays. Le musée est très intéressant, nous en apprenons encore beaucoup sur l’histoire du Cambodge. Plus de six millions d’engins non explosés seraient encore dans le pays. En effet, les Khmers rouges en ont disposé un peu partout, mais les autorités cambodgiennes ont fait de même envers les Khmers rouges, sans parler de celles posées par les Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam un peu plus tôt (plus de 550 000 tonnes ont été larguées en quatre ans). Aujourd’hui, c’est l’un des pays le plus miné au monde… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne faut jamais sortir des sentiers battus. Les fonds récoltés grâce au droit d’entrée permettent notamment d’accueillir une bonne vingtaine d’enfants victimes de ces mines afin de leur fournir une éducation puis un travail.

Après cette visite, nous allons au centre de conservation des papillons. Il n’a rien d’extraordinaire, il n’y a pas beaucoup de différentes espèces à cette époque, mais le jardin est magnifique et très bien entretenu. Au final, nous passons plus de temps à observer les fleurs que les papillons !

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Le lendemain, nous ne faisons absolument rien. Pourquoi ? Car c’est l’anniversaire de Marion et c’est elle qui décide du programme ! Du coup, c’est farniente au bord de la piscine, petit restau à un dollar et pastis le soir ! Entre temps, Charlène offre à Marion un soin du visage de trente minutes pour son anniversaire ; un petit moment parfait, surtout après autant de mois de voyage ! Enfin, nous nous motivons quand même à louer un vélo afin d’aller acheter notre billet pour les temples d’Angkor. Nous louons le vélo pour deux jours (en même temps, pour un dollar par jour…), puisque celui-ci sera notre moyen de locomotion sur le site, qui s’étale sur plus de 400 km2. Cet incroyable endroit atteste de l’ampleur de l’empire Khmer, du IXème au XVème siècle.

Nous programmons de nous lever à 5h30 du matin, afin de voir le lever de soleil sur le temple d’Angkor Wat. Mais comme nous n’avons pas de réveil, nous nous levons seulement à 6h30 et arrivons sur place à 7h30… Trop tard pour le lever de soleil. Tant pis, nous ne nous démotivons pas, et partons vite en direction du Banteay Kdaei, avant que la foule n’arrive. Une fois là-bas, nous sommes presque les seules et c’est hyper agréable. Le temple n’est franchement pas en bon état, mais c’est notre tout premier, donc nous lui trouvons un certain charme. En plus, nous croisons cet énorme arbre, au tronc gigantesque, qui nous rappelle combien la nature est forte.

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Et cela ne fait que se confirmer, puisque nous pédalons jusqu’au Wat Prohm, le fameux site où les arbres escaladent les murs. Il n’y a pas encore trop trop de monde et il fait encore frais. Nous sommes impressionnées par ces arbres. Nous les avions vus en photo, mais les voir en vrai est tellement plus impressionnant ! On se sent toutes petites à côté d’eux. Le Wat Prohm se révélera être l’un de nos temples préférés, même si vers la fin, les groupes de chinois commencent vraiment à nous taper sur le système.

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Nous enfourchons une nouvelle fois notre vaillant deux-roues, et prenons la direction du Wat Ta Keo, un temple construit sur le modèle des grands monastères des montagnes : rectangulaire, austère et imposant. Nous gravissons les nombreuses marches en pierre qui se font de plus en plus raides à mesure que nous approchons du sommet. Nous apprenons par la suite qu’il n’est pas chose aisée d’atteindre le royaume des dieux (bien sûr) ! En haut, nous cherchons un coin d’ombre, car le soleil tape de plus en plus fort. La descente, qui s’avère être encore plus périlleuse que la montée, se fait tout doucement.

Mais pas de temps à perdre, nous pédalons jusqu’à la porte Est d’Angkor Thom, le plus grand site d’Angkor. C’était la capitale royale à la fin du XIIème siècle, sous le règne de Jayavarman VII. Il est près de 11h et il fait une chaleur é-cra-sante. Nous laissons notre vélo à l’ombre et continuons la visite à pied. Histoire de ne pas se farcir tous les cars de touristes, nous faisons la visite en sens contraire. Les bâtiments sont immenses, à l’image du site. Nous pouvons affirmer sans crainte que les rois avaient la folie des grandeurs. Nous traversons la terrasse du roi lépreux puis celle des éléphants. Grâce à de belles restaurations, les sculptures des éléphants sont encore très visibles et en bon état.

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Ensuite, nous nous dirigeons vers le palais royal, qui n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est ses dimensions ! Nous prenons un petit chemin qui nous mène tout droit au Baphuon (à ne pas confondre avec le plus connu Bayon). Ce temple est incroyable, il a été déconstruit pierre par pierre par les français, qui le restauraient dans les années 60. Puis, en 1975, quand les Khmers rouges sont arrivés au pouvoir, les français ont dû partir, et laisser en plan les milliers de pierres autour du temple. Du coup, à l’heure actuelle, nous avons vraiment l’impression d’être au milieu d’un énorme puzzle ! Quel sortilège pour les archéologues! Il est près de 13h, le soleil est à son zénith, nous nous octroyons donc une petite pause afin de manger à l’ombre.

A 14h30, c’est reparti. Nous prenons la direction du très connu Bayon, temple central du site d’Angkor Thom. De loin, nous avons l’impression que ce n’est qu’un vaste champ de ruines. Néanmoins, une fois le premier étage gravit, le Bayon nous montre son vrai visage. Sa particularité : des dizaines de tours où sont sculptés quatre visages de Bouddha, qui semblent nous fixer intensément. Nous trouvons ce temple magnifique et adorons son atmosphère un peu mystique.

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A 15h30, il est temps de prendre la direction d’Angkor Wat, le site le plus connu d’Angkor. Il est immense et très bien conservé, par rapport à certains de ses voisins. Sa particularité serait d’être le temple funéraire du roi Sûryavarman II (c’est pourquoi son entrée principale est dirigée vers l’ouest). Nous faisons tout le tour du temple, où de magnifiques fresques, en partie restaurées, sont gravées dans les murs. Puis, nous nous hâtons de gravir les deux étages, afin de profiter de la très jolie vue. Bien que le temple d’Angkor Wat soit le plus connu de tous, ce n’est pas notre préféré : la place de numéro 1 est pour le Wat Prohm et ses arbres géants !

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A 17h30, les portes se ferment. Il est temps pour nous de rentrer à la guesthouse. Nous sommes épuisées et courons faire un plongeon dans la piscine ! Le soir, nous ne veillons pas tard et nous endormons quasiment instantanément !

Dernier jour sur Siem Reap. Nous avons loué un vélo et nous sommes dirigées vers le Tonlé Sap. Nous traversons plusieurs villages vraiment très pauvres. A un moment donné, sur la route, nous apercevons des champs de lotus. A peine descendues de nos vélos, des petites filles viennent à notre rencontre pour nous vendre leur « lotus fruit ». Nous nous contentons de payer l’entrée instaurée par la famille vivant là, dans une vulgaire maison sur pilotis, juste au-dessus du champ inondé. C’est vraiment très joli, les fleurs sont sublimes. Le fruit se développe au cœur de la fleur, une fois que celle-ci a fané.

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Nous poursuivons notre route ; peu à peu les maisons qui la bordent sont sur pilotis, mais tout est sec, ou presque, saison sèche oblige. Nous montons un grand escalier pour apercevoir le lac, mais rien, pas de lac. Le garde du temple, perché sur cette colline, nous apprend que pendant la saison sèche, il se retire à plus de quinze kilomètres ! Trop loin pour nous, et surtout il faut y aller en bateau, ce qui coûte un bras!

Nous rebroussons chemin, sous une chaleur impitoyable, et observons l’agitation quotidienne sur cet axe nous reliant à Siem Reap. Nous mangeons beaucoup de poussière. Un peu partout, des enfants travaillent sous un soleil de plomb. Une telle misère, sur plus de dix kilomètres, ça fait vraiment mal au cœur. Nous avons notamment vu un petit d’à peine cinq ans s’affairer avec ses frères à mettre de grosses pierres dans une carriole.

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Pourtant, la grande majorité ont toujours le sourire aux lèvres. Ils n’ont probablement pas assez à manger et s’évertuent, dès leur plus jeune âge, à participer sans rechigner. On peut lire aussi une certaine dureté dans leur regard, quand nous refusons de leur acheter ce qu’ils vendent. Ils semblent éprouver déjà une telle lassitude.

A notre retour à la guesthouse, nous achetons notre billet pour le lendemain, direction Bangkok, afin de prendre notre avion pour le Népal !

Pour voir toutes nos photos, c’est ici !

One Response to Siem Reap et les temples d’Angkor

  1. Gérard says:

    Emu de revoir Angkor avec vos yeux. Merci.

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