Projet Journalistique

Pour nous, citoyens occidentaux, il est naturel de faire couler l’eau potable du robinet pour boire, cuisiner, nous laver, etc. Pourtant, nous le savons, c’est loin d’être le cas de tout le monde : près de 3,5 milliards d’individus, selon l’ONU, ne bénéficient pas d’une eau propre, accessible et abordable (rapport de mars 2014). L’OMS avance quant à elle que plus de 2 millions de personnes meurent chaque année à cause du manque d’eau potable, qu’il soit relié aux infrastructures, à des précipitations trop faibles ou à une eau polluée et non assainie. Toujours selon l’OMS, 3 900 enfants meurent chaque jour pour ces mêmes raisons. Des programmes ont été lancés pour améliorer la situation dans le cadre des Objectifs du Millénaire de l’ONU, mais on estime qu’en 2015, plus d’un tiers de la population mondiale n’aura toujours pas accès à une eau assainie. 

Le problème n’est pas nouveau, cette source de vie est d’ailleurs surnommée « l’or bleu » depuis quelques années déjà. En 2010, l’Assemblée Générale de l’ONU et le Conseil des Droits de l’Homme ont envoyé un message fort au niveau international : l’eau potable est déclarée comme un droit fondamental. Depuis, il y a eu de nets progrès. Le but de réduire de 50% le taux de la population n’ayant pas d’accès à l’eau semblerait être déjà atteint. Néanmoins, les objectifs concernant l’assainissement restent à la traîne: 2,5 milliards d’individus sont concernés.

Par ailleurs, de «nouvelles» problématiques font leur entrée, tandis que d’autres s’accentuent : réchauffement climatique avec dérèglement des précipitations et du climat en général ; pollution des eaux par les industries minières ou textiles ; enjeux politiques et financiers considérables dans certaines régions du monde, etc.

Heureusement, de nombreuses petites mains s’activent afin de trouver des solutions concrètes. L’ensemble des initiatives locales, bien que peu médiatisées, permettent des avancées en adéquation avec la réalité du terrain ; avancées qui sont loin d’être négligeables tant le travail à faire reste titanesque. 

Nous avons donc souhaité mettre ces petites mains à l’honneur. Nous allons vous présenter, aussi brièvement que possible, les sujets que nous allons traiter. Bien évidemment, cette liste n’est en rien exhaustive. Il n’est pas exclu que certains sujets puissent changer ou prendre une autre direction. C’est un peu ça les joies du voyage : se laisser porter au gré des rencontres et faire face à des situations imprévues !

Au Pérou

Un chouette projet a été mis en place à Atiquipa. Des chercheurs de l’université de San Augustin, en lien avec le PNUD, l’IRD, et plusieurs associations, ont eu l’idée de profiter de la géographie et de capter l’eau du brouillard à l’aide d’atrapanieblas, des filets « attrape-nuages ». L’objectif est de sauvergarder la biodiversité et l’autosuffisance en eau des habitants. En effet, ces dernières étaient menacées par la déforestation et une agriculture trop intensive. Les habitants ont été sensibilisés à ces problématiques et 80 familles ont participé activement à ce programme. En retour, cela a permis aux paysans d’atteindre une meilleure rentabilité dans la commercialisation des graines de tara, une micro-entreprise a même été créée.

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=> Cela mérite bien un arrêt, nous allons rencontrer les initiateurs du projet, mais surtout la population sur place : quels ont été les apports, les difficultés ? Comment ce projet s’est intégré à leur quotidien ? Comment gèrent-ils leur nouvelle entreprise ? Les 80 familles intégrées au projet poursuivent-elles leurs actions ?

Le mouvement «Peruanos sin aguas » regroupe des entrepreneurs et citoyens qui réalisent des projets similaires de manière participative et solidaire à travers tout le pays (installation d’attrapanieblas, mais aussi implantations végétales purifiant l’eau, etc.). D’ailleurs, le projet d’Atiquipa y est aussi lié.

=> Nous ferons le point dans les villes où cette association renommée est présente pour savoir de quel constat elle part et quelles alternatives sont mises en avant, pourquoi et comment. Leur devise est « nous sommes des générateurs de solutions ». Nous sommes déjà en contact avec le directeur, Abel Cruz Gutiérrez.

Arrivées quasiment à la frontière boliviano-péruvienne, nous nous arrêterons au lac Titicaca, le plus haut lac navigable au monde. La ville de Puno, sur la rive ouest du lac, n’a aucun système de traitement des eaux usées, elles sont déversées intégralement dans le lac. Depuis, des nappes de « lentilles vertes » se sont formées. En recouvrant la surface du lac, elles empêchent l’oxygénation de l’eau et tuent petit à petit les éco-systèmes. 

Les communautés locales ne peuvent presque plus vivre de la pêche et de leur artisanat. Sur le terrain, Empasuno, l’entreprise qui gère l’eau potable et l’assainissement de la ville, semble chercher à sensibiliser la population sur cette problématique. Une émission a même été créée dans ce but.

=> Nous irons à Puno mais nous contournerons aussi le lac pour nous rendre en Bolivie. Un petit périple où nous récolterons les informations suivantes : quelles sont réellement les initiatives mises en oeuvre sur le terrain à Puno et au-delà ? Comment les campagnes de sensibilitation sont perçues ? Quels sont les sentiments des autochtones à ce sujet ? Y a-t-il des initiatives lancées au-delà de celles d’Empasuno ?

En Bolivie

La Bolivie est un pays particulier en ce qui concerne la gestion de l’eau. En 1999, celle-ci est privatisée à Cochabamba, et une forte augmentation des tarifs s’ensuit. La population s’insurge contre ces prix trop élevés. Après de violents heurts lors des nombreuses manifestations et une détermination à toute épreuve, la gestion de l’eau repasse dans le domaine public ; les tarifs redescendent. C’est désormais la Semapa (entreprise publique) qui gère l’ensemble du réseau. Des progrès semblent être réalisés mais les financements manquent, et de vieux dossiers de corruption remontent à la surface.

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=> Nous discuterons avec des personnes qui ont pris part aux différents mouvements pour un droit d’accès à une eau potable abordable afin de connaître leurs préoccupations actuelles, maintenant que la gestion de l’eau est redevenue publique. Selon eux, la situation a-t-elle évolué ? Continuent-ils à se mobiliser et à s’organiser ?

En Argentine

Une partie de la population cherche depuis longtemps à s’opposer aux grands projets miniers (répartis un peu partout le long de la cordillère des Andes depuis le boom minier des années 90). Ces simples citoyens se présentent comme des campesinos autoconvocados. En 2003, ils sont parvenus, après maintes mobilisations, à se faire entendre par référendum : 82% de la population d’Esquel a dit « Non à la mine » d’extraction d’or prévue par Meridian Gold, une multinationale canadienne.

En outre, l’utilisation du cyanure y est interdite. Depuis, une centaine de regroupements citoyens ont vu le jour à travers le pays. Car ces mines ont non seulement besoin d’énormément d’eau pour fonctionner, mettant bien souvent les réserves d’eau potable en péril, mais elles polluent aussi les rivières et les nappes phréatiques avec des métaux lourds.

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=> Nous allons rencontrer quelques-uns de ces groupes de citoyens afin de mieux cerner les problématiques auxquelles ils tentent de faire face. Quels ont été les apports des mobilisations antérieures, quels sont leurs espoirs à l’heure actuelle? Y a-t-il une inter-connexion entre ces différents groupes ?

Au Cambodge

L’organisation « 1001 fontaines » a créé une soixantaine de sites de production d’eau potable, en partenairiat avec l’ONG locale Teuk Saat 1001. Près de 100.000 bénéficiaires ont désormais accès à une eau propre, dont plus de 40.000 enfants de moins de 12 ans.

Mais cette association ne s’arrête pas là. La population est formée pour pérenniser à long terme le traitement de l’eau, les infrastructures, la distribution, ce qui permet aussi de dynamiser l’économie locale. Des programmes de sensibilisation ont lieu dans les écoles pour expliquer le lien étroit entre eau insalubre et maladies. Il y a peu, un nouveau projet a été lancé : Cambodge phase 3. L’objectif est de créer 60 nouveaux sites de production. Cela permettrait à 60.000 personnes d’avoir un accès à de l’eau potable d’ici mi-2015.

1001 fontaines

=> Nous sommes en contact avec le co-directeur de l’association, François Jacquenoud. Cela nous promet un réel accompagnement et encadrement au sein de la structure. Nous nous rendrons donc dans différentes communautés, au sein des familles mais aussi des écoles.

En Thaïlande

Ici, le changement climatique est une réalité depuis longtemps. Il se remarque particulièrement avec la mousson, qui est non seulement plus tardive, mais aussi plus intense. Les dommages au niveau du rendement des récoltes se font de plus en plus sentir. Cela amène peu à peu les paysans, aidés ou non par diverses associations, à repenser les systèmes d’irrigation et leur gestion de l’eau en général (une grande partie des réserves sont consacrées à l’agriculture). Ils apprennent aussi à jouer sur plusieurs tableaux : par exemple en utilisant de nouvelles semences, plus résistantes à la sécheresse.

=> Nous rencontrerons ces personnes et les accompagnerons dans leur quotidien, afin de témoigner de leur capacité d’adaptation et de leur abnégation face à ces situations complexes.

Au Laos

Nous nous rendrons à Ban Nateuy. Ce petit village assez reculé se trouve tout près d’une saline. Cette dernière est exploitée de manière artisanale par une société laotienne. Le souci, c’est que l’eau, après la récolte du sel, est intégralement rejetée sans traitement dans les rizières et rivières environnantes. Cela pose donc d’énormes problèmes pour les agriculteurs locaux. Ils sont incapables de vendre leur riz et ils ne peuvent plus utiliser l’eau des rivières pour leurs besoins vitaux.

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C’est donc un désastre tant au niveau écologique qu’économique. Sur place, nous travaillerons en étroite collaboration avec l’association française « Aide au développement de villages au Laos« , qui se bat pour améliorer cette situation et trouver des solutions avec les populations locales.

Au Népal

Dans le district de Kaski, quatre écoles ont bénéficié du programme « Écoles Bleues », initié par l’Alliance Internationale pour la Gestion de l’eau de pluie (IRHA). Les écoles concernées avaient un accès à l’eau très limité voire inexistant. L’enjeu est d’améliorer l’accès mais aussi l’assainissement (constructions de réservoirs d’eau et de sanitaires), notamment pour limiter l’absence scolaire souvent due aux maladies véhiculées par les eaux insalubres. L’objectif est de donner les moyens à la population locale de faire face aux pénuries d’eau, en gérant de manière autonome ces nouvelles infrastructures. Pour cela, le projet a créé et formé des comités (incluant l’ensemble de la population locale). Les écoles, elles aussi, jouent un rôle important dans cette sensibilisation. Le projet a été inauguré en novembre 2013 et s’étale sur trois ans.

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=> Rencontrer les membres de ces communautés, et surtout les écoliers, nous permettra de savoir en quoi l’eau a un réel impact sur l’accès à l’éducation, et pourquoi. Aller directement questionner les enfants, les mères de famille et les professeurs permettra de mesurer les multiples impacts qu’un accès à l’eau a sur leur environnement global.

 

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